Faudra-t-il sanctionner plus sévèrement les actes violents vis-à-vis des agents de police ?

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Publizéiert le 13.05.2026 à 18h01 Update le 13.05.2026 à 18h01

C'est une des questions qui se posent dans le contexte de la présentation d'une étude de l'Inspection de la Police (IGP) sur le « phénomène de la rébellion, des outrages à l’agent, des violences et du refus d’obtempérer » ce mercredi 13 mai 2026 au sein de la Commission des Affaires intérieures.

Les infractions comme l’outrage, le refus d’obtempérer, la rébellion ou la violence sont un phénomène répandu pour les agents de police sur le terrain. L’énorme majorité (plus de 8 sur 10) des quelque 400 policiers qui ont participé à un sondage de l’IGP les a déjà vécues au cours de la carrière. Parmi ceux qui sont quotidiennement sur le terrain, trois quarts ont vécu un acte d’outrage ou de refus d’obtempérer au cours de l’année écoulée, la moitié s’est trouvée face à la violence ou la rébellion. La rébellion armée est, quant à elle, un phénomène moins répandu, comme le montre l’étude de l’IGP. 

 

Si les statistiques analysées ne montrent globalement pas une tendance vers la hausse généralisée, les agents concernés perçoivent une « détérioration marquée » de la situation sur les cinq dernières années. Cette non concordance entre les données chiffrées et la situation perçue sur le terrain a attiré l’attention des députés au cours de la discussion en commission parlementaire. Ils ont montré une certaine inquiétude par rapport à cette lassitude de dénoncer des faits pour des raisons évoquées. Les explications possibles pour ces divergences ont en effet été abordées. Une d’entre elles concerne le sentiment que les actes restent sans suite. Selon les chiffres exposés, 54% des affaires n’aboutissent pas à une poursuite judiciaire. 

 

Faudra-t-il adapter le cadre légal sur base de ces renseignements ? L’étude esquisse des pistes pour 

  • harmoniser les peines pour les actes de violence et pour rébellion 
  • protéger sur un pied d’égalité tous les représentants étatiques, ce qui valoriserait les agents de police
  • revoir à la hausse le niveau des sanctions pour un refus d’obtempérer

Interrogé par les députés sur sa volonté de légiférer, le Ministre de l’Intérieur Léon Gloden a affirmé que les « sanctions doivent être plus conséquentes ». Dans la suite de l’échange avec les députés, il a expliqué vouloir s’engager en faveur de l’adaptation des Codes pénal et de la route qui ne sont pourtant pas de sa compétence ministérielle. 

 

Les députés se sont également renseignés sur le profil et l’origine des auteurs, une meilleure prise en charge des policiers victimes d’actes de violence ou encore par rapport aux possibilités d’améliorer les statistiques. Ils ont attiré l’attention sur le fait que d’autres métiers sont également concernés par le phénomène de non-respect comme les chauffeurs de bus. Certaines mesures sont d’ores et déjà envisagées : le recours à la réalité virtuelle lors des formations destinées aux agents du terrain, une digitalisation des données pour améliorer les statistiques ou encore une campagne de sensibilisation, telle que proposée par les députés au cours de la discussion. 

Revoir les discussions en vidéo :