Les députés font le point avec le Ministre sur la hausse des prix de l’énergie
Suite à une demande des sensibilités politique déi Lénk et déi gréng, le Ministre de l’Energie s’est rendu en commission parlementaire pour répondre aux questions relatives à l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie.
Les députés David Wagner (déi Lénk) et Meris Sehovic (déi gréng) ont notamment soulevé les questions suivantes : quelles sont les conséquences économiques et les implications pour la politique énergétique découlant de l'instabilité au Moyen-Orient ? Le gouvernement a-t-il élaboré plusieurs scénarios en cas de persistance de la crise et de hausse continue des prix ? Le Ministre envisage-t-il de libérer les stocks de réserve ? Le gouvernement envisage-t-il un plafonnement des prix et un soutien financier aux ménages et aux entreprises face à une potentielle hausse des prix de l'électricité ? Quelle est la situation actuelle des réserves de gaz ?
« Aucun problème d’approvisionnement »
Le Ministre de l'Énergie, Lex Delles, a d'emblée souligné que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2021-2022, qui avait suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine. Il a affirmé qu'à ce stade, il n'existe « pas de problème d'approvisionnement ». Plusieurs éléments distinguent la situation actuelle de celle de 2021-2022 : l'Europe a considérablement développé ses capacités en terminaux de Gaz Naturel Liquéfié (GNL), et les réserves de gaz, qui se situaient alors entre 10 et 15 %, atteignent aujourd'hui 30 %. Par ailleurs, la période 2021-2022 avait été marquée par une crise du parc nucléaire européen, en particulier français, avec une indisponibilité de nombreux réacteurs ayant entraîné une chute drastique de la production d'électricité.
Lex Delles a par ailleurs indiqué que le gouvernement soutient l'action coordonnée de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) visant la mise en circulation de stocks pétroliers de sécurité, une initiative qui contribue notamment à la maîtrise des coûts du pétrole. Il a précisé que la sécurité de l’approvisionnement n’est pas menacée au niveau national et que le pays dispose d’une réserve pétrolière de 93 jours. Les pays de l’UE sont en étroite concertation afin de décider des prochaines étapes, a-t-il encore confirmé aux députés.
En réponse aux questions relatives à la hausse des prix de l'électricité, le Ministre a indiqué que le gouvernement est prêt à soutenir financièrement les ménages et les entreprises si la situation l'exigeait, mais que ce n'est pas le cas à l'heure actuelle: la hausse actuelle des prix de l'électricité et du gaz n'a pas d'effet immédiat sur le consommateur final. Il a également précisé que le gouvernement n'a pas formellement élaboré plusieurs scénarios possibles, tout en soulignant que l'ensemble des outils nécessaires sont disponibles et pourraient être activés rapidement si besoin. Dans ce contexte, il a rappelé les différentes mesures mises en place ces dernières années pour accompagner les ménages dans leur transition énergétique, notamment en matière de coûts de réseau. Il a également insisté sur la nécessité pour l'Union européenne de renforcer sa résilience énergétique, en particulier par le développement et l'expansion des énergies renouvelables.
Les échanges ont également porté sur la fragilité économique préexistante à la crise au Moyen-Orient, ainsi que sur les risques d'inflation que pourrait engendrer cette instabilité sur la politique monétaire. Un député a en outre interrogé le Ministre sur l'existence d'une approche coordonnée au niveau européen pour soutenir les entreprises dans ce contexte. Lex Delles a confirmé qu'une telle coordination est en cours, citant notamment l'Industrial Accelerator Act (IAA). Les députés ont demandé à ce que ce sujet soit approfondi lors d'une prochaine réunion de la Commission de l'Économie.