La coopération interparlementaire s’adapte à la crise géopolitique

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Publizéiert le 20.03.2026 à 16h55 Update le 20.03.2026 à 17h31

Confrontée à un contexte international instable, la Présidence chypriote de l’Union européenne a réorganisé les échanges entre parlementaires en recourant à une visioconférence. Au cœur des débats : le soutien à l’Ukraine, les menaces hybrides et le renforcement de la sécurité européenne.

Le soutien de l'Ukraine par l'Union européenne était au cœur des discussions entre les présidents des commissions spécialisée dans les affaires européennes (COSAC)..

La situation géopolitique actuelle a conduit la Présidence chypriote de l’UE à adapter la planification des travaux interparlementaires. Ainsi, la réunion plénière de la COSAC (Conférence des Organes Spécialisés dans les Affaires de l’Union), initialement prévue à Nicosie, a été annulée. Cette réunion constitue le principal rendez-vous de cette assemblée et est organisée une fois par chaque Présidence du Conseil de l’Union européenne.

 

Le député Gusty Graas a représenté la délégation luxembourgeoise lors de la visioconférence programmée le lundi 16 mars 2026. Cette réunion en ligne visait à assurer la continuité des échanges malgré l’annulation. La situation exceptionnelle entraînait également des conséquences sur le processus décisionnel habituellement associé à la COSAC. En l’absence de rencontre formelle à Nicosie, aucune contribution ni conclusion n’ont pu être adoptées. 

 

La Présidente de la Chambre des représentants de la République de Chypre, Annita Demetriou, a ouvert la conférence en rappelant les derniers événements sur la scène géopolitique. » Elle a appelé à renforcer la défense européenne et lutter conjointement contre la désinformation, les menaces hybrides (comme les cyberattaques) et l’ingérence étrangère.  Elle a déclaré : 

« Ce qui touche l’un de nous, nous touche tous. »  

Le Président de la commission des Affaires étrangères et européennes de la Chambre des représentants chypriote était d’avis que l’UE doit être plus soudée et autonome. À son avis, il est impératif de travailler à une politique étrangère et de sécurité commune plus efficace et mieux coordonnée entre les États membres.

L’Ukraine et la quête de la sécurité européenne

Lors de la session portant sur l’Ukraine et la sécurité européenne, Ivanna Klympush-Tsintsadze, Présidente de la commission sur l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne de la Verkhovna Rada d’Ukraine, a rappelé que la guerre d’agression menée par la Russie contre son pays ne constitue pas uniquement une attaque contre un État souverain, mais également un défi fondamental pour l’ordre de sécurité européen. Elle a exprimé la gratitude de l’Ukraine pour le soutien apporté par l’Union européenne depuis le début de l’invasion.

 

Charles Goerens, député européen du Luxembourg et Vice-président de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen (AFCO), a replacé la question ukrainienne dans un contexte plus large. Étant donné que la Russie continue à déployer une guerre agressive, dont notamment une guerre hybride, il s’agit de renforcer les moyens de dissuasion. Il a alerté sur le lien entre l’érosion du droit international et la fragilité de la sécurité en Europe. Il a en outre soulevé la nécessité d’établir un cadre institutionnel européen pour protéger la démocratie libérale qui est menacée à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de l’UE. 

Débat avec les parlementaires nationaux

Les interventions des parlementaires nationaux ont ensuite permis d’approfondir plusieurs aspects des discussions. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur soutien ferme à l’Ukraine et ont insisté sur l’importance de son adhésion à l’Union européenne. Certains ont estimé le renforcement des capacités militaires et la nécessité d’une architecture de sécurité européenne résiliente, capable de faire face aux crises, une priorité

 

D’autres participants ont souligné qu’il fallait exercer de la pression sur le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qu’ils accusent de collaborer « avec l’ennemi de l’Union européenne ». Ils ont également jugé essentiel d’empêcher l’entrée sur le territoire de l’UE des anciens combattants russes. Enfin, le blocage par la Hongrie de prêts européens destinés à l’Ukraine était considéré comme inacceptable par plusieurs parlementaires nationaux.