« Nos infrastructures ne sont pas adaptées à la canicule »
Retour sur la gestion de la canicule de la semaine passée en commission parlementaire : les membres de la Commission de la Santé ont interrogé ce mercredi 1er juillet 2026 la Ministre Martine Deprez sur les mesures mises en place par les autorités.
Étaient-elles suffisantes ? Quelles mesures seront-elles nécessaires pour gérer un prochain épisode de chaleur extrême à court terme et quelles sont les adaptations prévues à plus long terme ?
Alors que certains pays voisins ont connu une surmortalité pendant la canicule de la semaine passée, il n’y a jusqu’ici « aucune indication pour une surmortalité au Luxembourg », selon la Ministre de la Santé Martine Deprez. Les acteurs du secteur de la santé élaborent encore un bilan plus précis. Ils analysent notamment les certificats de décès dès qu’il y a le moindre soupçon sur une cause liée à la canicule, a expliqué la Ministre. Les députés se sont renseignés sur la manière d’établir ces statistiques en partant du principe que l’origine d’un décès lié à la canicule pourrait également être enregistré sous un autre motif comme un arrêt cardiaque.
Le plan canicule « activé à temps »
Les députés ont constaté qu’un certain nombre de mesures étaient bel et bien en place, notamment pour soutenir les personnes les plus vulnérables. Étaient-elles suffisantes ? Le plan canicule « a été activé à temps », a estimé la Ministre de la Santé Martine Deprez en réponse. Grâce à ce dernier, la canicule « a pu être maîtrisée ». Ne serait-il pas temps d’actualiser ce plan pour mieux répondre aux défis des canicules de plus en plus intenses et longues ? Pourquoi aucune cellule de crise n’a-t-elle été mise en place ? Voici quelques questions posées par les députés dans ce contexte.
Les actions des autorités se sont déroulées de façon coordonnée au niveau de la Cellule d’évaluation des risques intempéries et inondations (CERI), a expliqué Martine Deprez. Selon la Ministre, les services de la santé ont jugé important que la situation météorologique soit classée « alerte rouge » afin de mettre le dispositif nécessaire en place - et ce dans le contexte particulier de la fête nationale. Si les urgences et le CGDIS étaient « sous tension », ils n’ont à aucun moment été surchargés, a-t-elle affirmé. Le cas d’urgence majeure ne s’est pas produit, toujours selon la Ministre.
Une stratégie de climatisation à dérouler dans les semaines à venir
L’enseignement principal que tire les autorités de santé ? « Nos infrastructures ne sont pas adaptées à la canicule », a affirmé la Ministre de la Santé. C’est dans cette optique que les actions seront menées à très court terme, à l’approche d’une prochaine canicule. L’objectif est d’équiper notamment les structures des soins de climatiseurs mobiles. Une « stratégie de climatisation » devrait être déclinée dans les prochaines semaines, selon Martine Deprez.
À moyen terme, les structures en construction et existantes devraient être réévaluées par rapport à leur résilience face aux températures les plus extrêmes. Les députés se sont également renseignés sur l’impact sur les hôpitaux en construction ou sur l’équipement des écoles et maisons relais.
Quid d'une réserve sanitaire ?
Une meilleure protection des personnes sans-abris, la mise en place d’un éventuel « SAMU social », les actions des communes ou encore la protection des habitants des structures provisoires d’accueil pour des demandeurs de protection internationale figuraient également parmi les sujets évoqués par les députés. Plus généralement, il se pose également la problématique de la solitude et des actions menées par les autorités publiques de protéger des personnes isolées et vulnérables.
Un autre sujet évoqué concerne la mobilisation d’une réserve sanitaire dans des situations de crise. Très thématisé lors de la gestion de la pandémie liée au Covid-19, il n’existe pas de base légale à ce stade qui permettrait de gérer une telle réserve plus globalement.