La Géorgie souhaite « relancer le dialogue politique » avec l'Union européenne
La situation géopolitique et les relations avec la Russie, les efforts géorgiens pour relancer les pourparlers en vue d’une adhésion à l’Union européenne, les dernières élections en Géorgie ainsi que loi sur « l’influence étrangère » qui avait déclenché les plus grandes manifestations que le pays du Caucase ait connues : ces points ont figuré au cœur des discussions entre députés luxembourgeois et géorgiens ce mardi 16 juin 2026 à la Chambre des Députés.
L’échange de vues au sein des Commissions des Affaires étrangères et européennes et de la Défense a notamment porté sur la situation de sécurité dans la région caucasienne. Pays voisin de la Russie qui occupe plus de 20% de son territoire, la Géorgie est pays partenaire de l’OTAN et candidat à l’adhésion à l’Union européenne, même si tous les pourparlers sont actuellement gelés.
« La situation sécuritaire est fondamentale pour nous. Pour comprendre ce qui se passe dans notre pays, il faut considérer les actions au prisme de la sécurité » a expliqué Nikoloz Samkharadze, Président de la Commission des relations extérieures du Parlement géorgien. Les députés luxembourgeois se sont renseignés sur la vision géorgienne des relations avec la Russie et se sont intéressés aux raisons qui ont conduit la Géorgie à ne pas appliquer des sanctions à l’égard de leur pays voisin, une des conditions de l’Union européenne pour des pourparlers en vue d’une adhésion géorgienne à l’UE.
« Il est impossible de mener un dialogue avec une chaise vide »
Les députés géorgiens ont souligné les efforts que leur pays entreprend pour remplir les standards nécessaires à l’adhésion en affirmant que « la Géorgie est bien préparée économiquement, légalement et politiquement à réussir une adhésion d’ici 2030 ». Les députés géorgiens ont également expliqué souhaiter « relancer le dialogue politique » pour y parvenir.
Dans ce contexte, les députés luxembourgeois ont regretté l’absence de la Géorgie des assemblées parlementaires comme celles du Conseil de l’Europe en expliquant qu’« il est impossible de mener un dialogue avec une chaise vide ».
Les Parlements luxembourgeois et géorgiens entretiennent un contact étroit. Une délégation luxembourgeoise a rendu visite aux homologues géorgiens en 2023 et a également rencontré des policiers luxembourgeois qui participent à une mission d'observation de l'Union européenne en Géorgie. La dernière visite géorgienne à la Chambre des Députés date de 2022.
Lors de l’échange de vues, les députés luxembourgeois ont également abordé les manifestations et les raisons de la Géorgie de maintenir sa loi dite « sur la transparence ». Le texte, d’inspiration russe, vise à assurer que les ONG ou organisations politiques ne soient pas financées avec des moyens de provenance étrangère, selon les officiels géorgiens. Les voix plus critiques y voient un moyen de museler les ONG. La Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg s’est penchée sur la question. Les députés luxembourgeois ont affirmé attendre son jugement.
Ils ont également partagé quelques constats récoltés lors de leur participation à une mission d’observation des dernières élections en Géorgie en appelant à la majorité actuelle de faire en sorte que l’opposition puisse trouver des moyens équitables de s’exprimer.