« Le continent africain peut représenter plus que l’aide au développement »

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Publié le 27.01.2026 à 14h48 Mis à jour le 27.01.2026 à 14h48

Les députés de la Commission des Finances ont assisté à la présentation du projet de loi 8621 qui prévoit la participation du Luxembourg à l’augmentation générale du capital appelable de la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 17,523 actions appelables. Cela correspond à une valeur de 205,72 millions d’euros. 

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« Le continent africain peut représenter plus que l’aide au développement » a affirmé le Ministre des Finances Gilles Roth, qui répondait aux questions des députés sur le projet de loi présenté ce mardi 27 janvier. Le Luxembourg est membre de presque toutes les banques multilatérales de développement, a encore affirmé le Ministre. La participation à la BAD date de 2014, et l’augmentation du capital appelable prévue dans le projet de loi doit amener le droit de vote du Luxembourg à 0,2 %. Ce capital ne correspond pas à une dépense concrète et est « réservé » pour les cas d’urgence. Il doit cependant être prévu par une loi, a souligné le Ministre. 

 

L’objectif est de garantir la stabilité de cette institution dont le but est de « promouvoir une croissance durable et un progrès social sur le continent africain » en protégeant le classement « triple A » de la Banque en montrant la volonté des pays à la soutenir. Répondant à la question de savoir quel était le risque, Gilles Roth a affirmé qu’il était lié au déclassement des États-Unis en 2023.  Ainsi, la partie appelable des fonds de la BAD appartenant aux États-Unis, correspondant à 10,9 milliards d’euros en 2023, n’était plus classée triple A, entraînant un risque pour la notation de la BAD elle-même. 

 

Un potentiel de coopération à égalité entre l’Afrique et le Luxembourg

 

Interrogé par un député de l’opposition sur des retours économiques potentiels relatifs à la coopération avec la BAD, Gilles Roth a évoqué des échanges positifs avec le Président de la BAD qui ne souhaiterait pas que l’Afrique soit « réduite à l’aide au développement ». Une coopération à égalité dans le domaine de la mise en place de centres financiers en Afrique serait ainsi une possibilité, a affirmé le Ministre. Gilles Roth a également affirmé voir du potentiel dans les domaines des investissements dans la transition écologique et la « blue economy », l’économie de l’eau.

 

Un deuxième volet concernant le Fonds africain de développement (FAD) fait également partie du projet de loi. Ce fonds soutient les 37 membres régionaux africains les plus pauvres de la BAD. Le texte permet au FAD de lever des fonds lui-même en empruntant sur les marchés financiers internationaux, ce qui n’était pas possible auparavant. 

 

 Maurice Bauer a été désigné rapporteur du projet de loi 8621. 

 

Un directeur adjoint pour la Direction du contrôle financier

 

Les députés ont également assisté lors de la même réunion à la présentation du projet de loi 8671, qui créée un poste de directeur adjoint au sein de la Direction du contrôle financier (DCF) afin d’appuyer le directeur de cet organe qui contrôle les dépenses de l’État. 

 

Les représentants de la DCF présents lors de la commission ont affirmé que la DCF employait actuellement 41 personnes réparties par groupe au sein des différents ministères afin d’assurer leur fonction de contrôleur financier. 

 

La Présidente de la Commission des Finances a été désignée rapportrice du projet de loi 8671.