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Publié le 30.09.2022 à 15h22 Mis à jour le 30.09.2022 à 15h42

Inflation, fiabilité des prévisions, incertitudes

La Commission spéciale "Tripartite" a reçu les experts du Statec.

Quels étaient les chiffres et prévisions à la base de l’accord tripartite ? Les représentants du Statec ont fourni le détail aux députés de la Commission spéciale « Tripartite », réunie le 30 septembre.

C’était l’occasion de rappeler les paramètres de base qui étaient également cités lors de la séance plénière le mercredi 27 septembre. Ainsi, selon les calculs du Statec, l’inflation qui était prévue à 6,6 % en 2022, devrait – suite aux mesures décidées par les partenaires sociaux – s’élever à 6,2 %. Au lieu de 5 tranches indiciaires qui pourraient être déclenchées dans les prochains mois, les estimations retiennent le nombre de 3 tranches indiciaires.

Le DIrecteur du Statec Serge Allegrezza

Des prévisions fiables ?

Est-ce que ces prévisions sont fiables ? Est-ce un excès d’optimisme et ne risque-t-on pas d’arriver à un scénario plus négatif ? Cette question était posée par plusieurs députés. Ils ont souligné la nécessité de bien connaître la situation, vu qu’ils seront amenés à travailler sur des textes de loi qui vont transposer les décisions de la tripartite. « Nous avons élaboré plusieurs scénarios » c’était une explication de la part des représentants du Statec. Une récession ne pourrait être exclue et on tablerait sur un fort ralentissement de l’économie.

Les prévisions comportent, selon le Statec, un certain nombre d’incertitudes : est-ce que la baisse de la TVA sera complètement transmise au consommateur ? Quelles seront les hausses des taux directeurs et quel sera leur impact sur les prix ? Quelle sera l’ampleur du ralentissement économique ? A tout cela s’ajoute le problème des chaînes d’approvisionnement qui subsiste toujours.

Face à des critiques par rapport à leurs prévisions lors de la dernière tripartite, les experts du Statec ont expliqué ne pas avoir pu prédire le cours de  l’évolution de la guerre en Ukraine.

Le coût de la vie

Des députés ont encore voulu savoir combien le panier qui sert au calcul de l’indice des prix reflète effectivement la réalité, le coût de la vie du citoyen. Chaque situation individuelle est différente, a répondu le Directeur du Statec. Les calculs n’auraient en outre pas différencié selon le nombre de kilomètres qu’un automobiliste parcourt par mois, a-t-il répondu à une autre question de député.  

Les experts du Statec ont encore noté que l’inflation n’a pas entraîné un grand effet d’auto-allumage (boucle prix-salaires). Les tranches indiciaires n’auraient pas non plus alimenté le budget de l’Etat : si les recettes de l’Etat ont augmenté, il en va de même pour les dépenses.

La semaine prochaine, la Commission spéciale « Tripartite » va rencontrer les ministres de l’Economie, des Classes moyennes et de l’Energie.