La lutte contre la violence domestique continue - le rapport 2025

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Publié le 23.06.2026 à 11h05 Mis à jour le 23.06.2026 à 11h05

La violence doit être traitée comme un problème de la société dans son ensemble et il faut encore une coordination plus précise des dispositifs en place. C’est ce qui est ressorti de la présentation du Rapport 2025 du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence et des discussions en commission parlementaire ce lundi 22 juin 2026.

Pour l’année 2025, 1 297 interventions policières en raison de violence domestique ont été enregistrées. Il s’agit d’une augmentation de 10,1 % par rapport à l’année 2024 et d’un chiffre qui n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Ces interventions concernaient 2 802 victimes dont 58% étaient des femmes et 42% étaient des hommes. Dans 334 cas, le Parquet a ordonné une expulsion de l’auteur de violence suite à l’intervention de la Police. En 2025, il s’agissait de 47 expulsions supplémentaires qu’en 2024. 21,5 % des expulsions en 2025 concernaient des auteurs de violence récidivistes dont 55,6% ne se sont pas présentés auprès du Service Riicht Eraus. Les professionnels du Service Riicht Eraus proposent un accompagnement aux auteurs pour les aider à sortir de l'engrenage de la violence. Plusieurs députés se sont montrés interpellés par les chiffres présentés par la ministre Yuriko Backes lors de la réunion en Commission de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble, de l'Accueil, de l'Égalité des genres et de la Diversité.

 

Les chiffres présentés laissent aussi entendre que les efforts engagés afin de sensibiliser la population davantage à la violence commencent à porter leurs fruits. En outre, le sens de la responsabilité civile semble augmenter de sorte que l’entourage de victimes potentielles signale plus souvent une situation. C’est ce qui s’est dégagé de l’échange entre les députés, la ministre et le vice-président du Comité de coopération. Un député de l’opposition a toutefois attiré l’attention sur des constats indiqués dans le rapport 2025 qui lui semblent suggérer des évolutions préoccupantes. Il s’est dans ce contexte référé sur les infractions commises dans le cadre d’expulsions où le rapport indique qu’il s’agissait notamment de coups et blessures dans 295 cas en 2025 contre 202 cas en 2024.

 

La ministre Yuriko Backes a en outre informé les députés des chiffres récents du Centre National pour Victimes de Violences (CNVV). Lors de la période allant de fin avril 2025 à fin avril 2026, quelque 423 victimes ont été accueillies et accompagnées au CNVV. La ministre a par ailleurs mis en avant que le budget du Ministère de l'Égalité des genres et de la Diversité a augmenté de 25% depuis 2024 et que 65% de ses fonds sont investis dans la lutte contre la violence.

 

Qu’en est-il de la violence économique et de la soumission chimique ?

 

Certaines députées de l’opposition se sont intéressées aux phénomènes de la violence économique et de la soumission chimique. Alors que le premier phénomène semble particulièrement toucher des jeunes entre 18 et 24 ans qui considèrent comme normal que l’homme contrôle les choix financiers de sa partenaire, le second a engendré sa propre sphère en ligne. Yuriko Backes a confirmé que 29 des cas pris en charge au CNVV ont été qualifiés de violence économique. La ministre a ajouté que ses équipes échangent avec une banque qui travaille avec des indicateurs pour identifier des indices de violence économique. Une coopération qui peut aider à développer les dispositifs nécessaires afin de lutter contre ce phénomène. Pour ce qui est de la soumission chimique, deux victimes qui se sont présentées au CNVV au cours de l’année 2025 ont en effet demander de l’aide dans ce contexte.

 

Une étude concernant les auteurs de violence récidivistes et la collecte d’informations auprès de la Police

 

Des recommandations opérationnelles de l’étude sur les récidives qui a été commanditée par le ministère devraient être disponibles vers la fin de l’année, a affirmé Yuriko Backes devant les députés. Pour donner suite à la question d’une autre députée de l’opposition, il a été expliqué que les recherches dans le cadre de l’étude doivent aider à définir des profils d’auteurs récidivistes, le dispositif en place au Luxembourg doit être analysé et ensuite mis en comparaison avec des dispositifs d’autres pays. L’étude doit aider à identifier d’éventuelles failles du système et aider à coordonner plus précisément les offres et les acteurs.

 

Qu’est devenu un projet pilote auprès de la Police qui visait une collecte d’informations plus détaillée lors d’intervention en raison de violence domestique ? Il s’agit d’une autre question posée lors de la réunion en commission parlementaire. Selon les informations fournies devant les députés, le projet pilote du « risk assessment » a en effet été étendu à l’ensemble du pays.

 

Vers l’échange dans son intégralité :