De la salle plénière au dictionnaire de la langue luxembourgeoise

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Publié le 25.09.2026 à 17h22 Mis à jour le 25.09.2026 à 17h40

Immersion dans les coulisses de l’Administration parlementaire à l’occasion de la Journée de la langue luxembourgeoise le 26 septembre : c’est au service compte rendu que l’on trouve de vrais experts de la langue luxembourgeoise. Leurs transcriptions des débats de la Chambre des Députés alimentent deux tiers du corpus officiel de la langue luxembourgeoise. De nombreux linguistes s’en servent pour leurs recherches.

Reportage vidéo et explications.

« Pour produire le compte rendu des débats publics de la Chambre, il faut être un véritable expert de la langue luxembourgeoise », affirme Claire Garçon-Wio, responsable du service compte rendu, qui compte actuellement une quinzaine de collaborateurs. C’est dans leurs bureaux que les transcriptions des débats qui ont lieu en salle plénière sont corrigées, mises en forme et publiées. L’objectif : garder une trace écrite, mot à mot, des discours prononcés et permettre à chaque citoyen de les relire.

Reportage vidéos dans les coulisses

 

Presque 2 millions de mots par année parlementaire

Quid des dialectes ? Si l’art consiste à rester fidèle à l’expression individuelle de chaque député, la langue luxembourgeoise publiée au compte rendu officiel est un luxembourgeois standard – ce qui constitue une véritable mine d’informations pour alimenter le corpus de la langue luxembourgeoise. Avec quelque 8.800 mots prononcés en une heure de débats, il y a de la matière : au cours de l’année passée, les députés ont débattu pendant quelque 221 heures en salle plénière.

 

Depuis 1999, les transcriptions des débats parlementaires et les questions parlementaires posées en luxembourgeois représentent 66 % du corpus officiel de la langue luxembourgeoise, qui se trouve sous la responsabilité du « Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch » (ZLS). Les paroles des députés alimentent ainsi indirectement le « Lëtzebuerger Online Dictionnaire » (LOD) et servent de base d’entraînement pour des outils de reconnaissance vocale en luxembourgeois. L’outil « LuxASR » développé par l’Université du Luxembourg est un bon exemple. La Chambre collabore étroitement non seulement avec des chercheurs de l’université luxembourgeoise, mais également avec le ZLS. Grâce à leurs connaissances pointues de la langue luxembourgeoise, certains collaborateurs du service compte rendu participent à des groupes de travail spécifiques dédiés à la langue.

Le luxembourgeois, langue des débats parlementaires

La pratique de la langue luxembourgeoise à la Chambre des Députés a évolué au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, les débats en séance publique se font en luxembourgeois. Cela n’a pas toujours été le cas : 

1896

Un premier discours fait scandale

En 1896, Caspar Mathias Spoo a été le premier député à vouloir réaliser un discours en luxembourgeois au sein de la Chambre qui, à ce moment-là, débattait exclusivement en français. Son intervention a fait scandale.

Après 1945

Des débats en français et en luxembourgeois

Après la Seconde Guerre mondiale, les députés se sont exprimés la plupart du temps en français, mais parfois aussi en luxembourgeois ou dans un mélange des deux langues. 

À partir des années 1980

Le Luxembourgeois s'impose petit à petit

À partir des années 1980, bien que l’utilisation du luxembourgeois ait évolué jusqu’à devenir la langue la plus utilisée par les députés pour s’exprimer, les séances publiques ont continué à être présidées en français jusqu’en 1995. Les déclarations sur l'état de la nation ou la politique étrangère restent également en français.

1995

Les séances présidées en luxembourgeois

L’ancien Président de la Chambre des Députés Jean Spautz a été le premier Président à s’exprimer en luxembourgeois sur le perchoir.