Dossier Gazprombank : la CSSF répond aux questions des députés
À la demande des formations politiques LSAP et déi gréng, les députés de la Commission des Finances ont reçu le Ministre des Finances Gilles Roth ainsi que le Directeur de la Commission de surveillance du secteur Financier (CSSF) Claude Marx pour les interroger au sujet du dossier Gazprombank.
Un article publié le 26 août 2026 par le Financial Times a porté l’affaire à la connaissance du grand public. La presse luxembourgeoise s’y est ensuite intéressée. En 2022, quatre dirigeants de Gazprombank Luxembourg auraient réalisé d'importants gains personnels en achetant des obligations décotées en Europe puis en les faisant échanger en Russie à leur valeur nominale, dans un contexte de sanctions et de restrictions sur les titres russes. Le dossier a notamment soulevé des soupçons de délit d'initié. L’article du Financial Times critiquait notamment l’action de la CSSF dans ce dossier, lui reprochant une approche trop légère.
Dans leurs demandes de convocation, les députés souhaitaient notamment aborder « les contrôles effectués par la CSSF, l’absence de sanctions financières ainsi que sur un éventuel contournement des sanctions européennes » et « le rôle de la CSSF en matière de détection et de suivi d’éventuelles opérations d’initiés ».
Le Directeur de la CSSF Claude Marx a présenté aux députés les modalités d’intervention de la CSSF, notamment en matière de collaboration avec les instances de contrôle financier internationales et les autorités judiciaires.
Claude Marx a également expliqué aux députés les mécanismes permettant à la CSSF de détecter d’éventuelles opérations d’initiés, notamment le suivi des transactions, les déclarations d’opérations suspectes et les signalements de lanceurs d’alerte. Il a rappelé que la qualification d’une opération d’initié suppose notamment de démontrer l’existence et l’utilisation d’une information privilégiée non publique.
Concernant le dossier Gazprombank, tout en indiquant ne pas pouvoir se prononcer sur les éléments spécifiques du dossier, Claude Marx a affirmé que l’article du Financial Times contenait plusieurs erreurs factuelles. Il a également contesté les critiques formulées à l’égard de la CSSF. Il a notamment souligné que des entités telles que Gazprombank faisaient l’objet d’une surveillance renforcée depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Le Ministre des Finances Gilles Roth a rappelé qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur les éléments spécifiques du dossier, soulignant que ce sont les autorités de surveillance et les autorités judiciaires qui sont compétentes.