L'intelligence artificielle et les dynamiques politiques dans les pays francophones

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Publié le 09.07.2024 à 15h58 Mis à jour le 09.07.2024 à 17h00

Montréal, la plus grande ville francophone des Amériques, a accueilli quelque 450 participants pour la session annuelle de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) du 5 au 9 juillet 2024. Cette rencontre a marqué l’intégration de trois nouveaux membres : l’Angola, Chypre et Pondichéry, portant le nombre total de sections à 95. Mars Di Bartolomeo, trésorier de l’APF, a présenté le rapport financier annuel. La présidence de l’Assemblée a été transférée de la section canadienne à la section camerounaise, sous la direction de Hilarion Etong. 

Représentant la Chambre des Députés, Mars Di Bartolomeo, Carole Hartmann, Alexandra Schoos et Michel Wolter étaient présents. Parallèlement, la dixième édition du Parlement francophone des jeunes s’est déroulée, avec la participation de Vanina Bisse et Johann Philipp Bost pour le Luxembourg.

De gauche à droite : Mars Di Bartolomeo, Carole Hartmann, Francis Drouin – Président de l’APF, Alexandra Schoos, Michel Wolter

L’Intelligence artificielle au service du législateur

La francophonie « a le potentiel de façonner l'avenir de l'intelligence artificielle générative », telle a été l'une des conclusions marquantes du débat général. L’IA offre des possibilités inédites pour les parlements, notamment l'amélioration de la transparence, l'optimisation des processus législatifs et l'automatisation des tâches répétitives. En outre, les interventions publiques des parlementaires peuvent être davantage axées sur les besoins spécifiques des citoyens grâce à une analyse préalable des données par l’IA. Cependant, cette avancée technologique soulève des défis majeurs, notamment en matière de polarisation politique, de manipulation de l'information et de protection de la vie privée. Il est impératif de penser conjointement les transitions numérique et écologique, en intégrant la sobriété numérique et en identifiant et priorisant les usages les plus bénéfiques. La mise en place de régulations appropriées, notamment d’un point de vue éthique et responsable, est cruciale pour exploiter pleinement les potentialités de cette nouvelle technologie tout en minimisant ses risques associés.

Les situations politiques francophones

Lors de la session plénière à Montréal, de nouveaux mécanismes de vigilance ont été adoptés pour renforcer la surveillance et l'intervention dans les situations politiques de l'espace francophone. Ces mécanismes, dirigés par un comité de vigilance, sont organisés en cinq niveaux distincts :

  • Veille Préventive : mise en place d'un dispositif de vigipermanente pour surveiller en continu les situations politiques dans l'espace francophone ;
  • Observation : examen des situations sans imposition de sanctions ;
  • Alerte : activation d'un niveau d'alerte pour des situations jugées préoccupantes nécessitant une attention particulière ;
  • Transition : nouvelle catégorie introduite pour accompagner les régimes en transition après une rupture de l'ordre constitutionnel, avec un accès privilégié aux actions de coopération ;
  • Suspension : maintien de contact via des auditions au sein de la commission politique pour les pays suspendus.

Sous les anciens mécanismes, plusieurs pays étaient déjà soumis à un suivi particulier. Les nouvelles mesures adoptées influencent directement les situations suivantes : la Syrie, le Mali, le Burkina Faso et Haïti maintiennent leur suspension en raison de l'absence de retour à l'ordre démocratique. Le Niger reste également suspendu, le pays étant privé de parlement depuis le coup d’État de 2023. Le Gabon, la Guinée et le Tchad sont placés sous le régime de transition avec une expression déterminée d'adhésion aux valeurs de la francophonie. La République Centrafricaine (RCA) est en alerte en raison de violations des droits parlementaires et des droits de l'opposition politique. Enfin, la Tunisie est réintégrée en tant que membre de plein droit.

Les régimes proposés aux diverses sections sous ces nouveaux mécanismes visent à fournir une réponse adaptée et flexible aux différentes situations politiques, avec un accent mis sur la promotion de la démocratie, la protection des droits parlementaires, et l'accompagnement des pays en transition.