« Un budget qui reflète la situation géopolitique »

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Publié le 27.03.2024 à 18h15 Mis à jour le 28.03.2024 à 15h33

La Ministre Yuriko Backes a exposé les principaux éléments du projet de budget pour l’année 2024 et les années à venir devant les membres de la Commission de la Défense. A moyen terme, les dépenses de défense du Luxembourg devraient atteindre 2% du revenu national brut.

© Armée luxembourgeoise

La Ministre Yuriko Backes a informé les députés du fait que le budget de la défense pour l'année 2024 s'établira à 696 millions d'euros, équivalant à 1,30% du RNB et 0,83% du PIB. Ce montant devrait augmenter pour atteindre 1,015 milliard d'euros en 2028, représentant alors 1,63% du RNB et 1% du PIB. Elle a également annoncé que, à moyen terme, les efforts de défense devraient être portés à 2% du revenu national brut.

Il est crucial de ne pas faire d'économies dans le domaine de la défense nationale, ni en ce qui concerne le soutien apporté à l'Ukraine

Yuriko Backes, Ministre de la Défense

La Ministre a souligné devant les membres de la Commission de la Défense qu' « il est crucial de ne pas faire d'économies dans le domaine de la défense nationale, ni en ce qui concerne le soutien apporté à l'Ukraine ». À cette fin, elle a précisé que, pour la première fois, l'aide à l'Ukraine a été officiellement intégrée dans le budget de l'État. L'enveloppe budgétaire allouée au soutien militaire envers l'Ukraine s'élève à 69,5 millions d'euros pour l’année 2024. Une députée de l'opposition a relevé que ce montant est inférieur à celui des deux dernières années, qui s’élevait à 74 millions d’euros en 2022 et 96 millions d’euros en 2023. Yuriko Backes a ajouté que cette somme de 69,5 millions d’euros n’était pas fixe et pourrait être ajustée à la hausse si nécessaire.

 

Le projet de budget se présente ainsi :

  • Direction de la défense – 192 millions d’euros (+12 % par rapport à 2023)
  • Armée luxembourgeoise – 144 millions d’euros (+13 % par rapport à l’année précédente)
  • Dépenses fonds d’équipement militaire – 291 millions d’euros
  • Bâtiments publics – 62 millions d’euros
  • Police grand-ducale – 7 millions d’euros  

 

Le bataillon binational avec la Belgique : une priorité

Une des priorités majeures du Ministère de la Défense, à savoir le bataillon binational avec la Belgique, n’est pas encore réellement prise en compte dans le projet de budget pour l’année 2024. La Ministre a expliqué que le financement pour ce projet, nécessitant un montant important, sera inscrit dans les budgets des années à venir. Un projet de loi de financement devrait être soumis sous peu en commission parlementaire pour concrétiser cette initiative avec la Belgique. Pour rappel, en juin 2023, les ministres de la Défense du Luxembourg et de la Belgique ont signé un accord de coopération concernant la mise en place et l'exploitation conjointe d’un bataillon de reconnaissance de combat médian à l’horizon 2028. La Défense belge et luxembourgeoise s'engagent ainsi à contribuer de manière équitable au besoin en personnel du bataillon binational, fort de plus de 700 personnes.

 

Les questions des députés 

Lors de l’échange de vues, une députée de l’opposition s’est renseignée au sujet de l’hôpital militaire. Yuriko Backes a rassuré les députés en affirmant que les équipes du Ministère de la Défense et du Ministère de la Santé examinent actuellement le projet pour déterminer ce qui est nécessaire pour sa réalisation. Elle a ajouté l’importance de déterminer à l’avance ce qui peut être reconnu comme un effort de défense par l’OTAN.  

 

Une autre députée de l’opposition a soulevé la question des frais de personnel, qui connaissent une augmentation par rapport à l’année précédente et a demandé si cela est lié au recrutement de nouvelles carrières dans le cadre de la nouvelle loi sur l’organisation de l’Armée luxembourgeoise.  Un représentant de l’Armée a confirmé que ces coûts sont en partie dus au déploiement d’un nombre important de soldats dans des missions à l’étranger, et d’autre part, grâce à la nouvelle loi, l’Armée a la possibilité de recruter pour deux nouvelles carrières militaires (A2 et B1).

 

Une autre question a été soulevée concernant l’article budgétaire relatif à la cyberdéfense, qui connaît également une importante augmentation par rapport à l’année précédente. Le représentant de l’Armée a confirmé que l’Armée luxembourgeoise travaille depuis plusieurs années sur des projets liés à la cyberdéfense, et que cette année, l’achat de matériel tel que des ordinateurs et des serveurs a été budgétisé.

 

Les missions pour le maintien de la paix

Tous les trimestres, les députés reçoivent des informations sur les missions internationales de l'Armée luxembourgeoise. Il s’agit des opérations pour le maintien de la paix et des opérations de prévention ainsi que de gestion de crise.

Yuriko Backes a souligné l’importance de l’engagement du Luxembourg dans telles missions.  Actuellement, 31 soldats sont déployés à l’étranger, tandis que 47 sont en « standby » au Grand-Duché.