Séance plénière du Parlement Benelux : Entrepreneuriat innovant et propriété intellectuelle
Réunis à l’occasion de la 5ᵉ session plénière du Parlement Benelux sous présidence luxembourgeoise, les parlementaires ont débattu de l’entrepreneuriat innovant et de la propriété intellectuelle. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer la compétitivité de la région à travers l’innovation, le soutien aux start-ups et la valorisation de la recherche, tout en favorisant le partage de bonnes pratiques entre les trois pays.
Les discussions se sont articulées autour de plusieurs axes : soutenir l’innovation dans le Benelux et répondre à ses défis structurels, mieux accompagner les start-ups dans leur développement, faire de la propriété intellectuelle un véritable moteur de croissance, et partager les expériences nationales en matière d’entrepreneuriat innovant.
L'intégralité de l'échange est disponible en rediffusion :
Un espace d’innovation à consolider
Dès l’ouverture des débats, la présidente du Parlement Benelux, Francine Closener, a rappelé que la capacité du Benelux à rester un moteur économique dépend de son aptitude à créer, protéger et valoriser l’innovation dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, la transition énergétique et l’économie des données.
Les orateurs qui se sont exprimés lors de cette session sont issus de plusieurs secteurs, dont les administrations économiques des trois États du Benelux, l’Union Benelux, des organismes de soutien à l’innovation tels que Luxinnovation et l’Office Benelux de la propriété intellectuelle, ainsi que du monde académique, avec des spécialistes du droit de la propriété industrielle, et du secteur privé à travers des entrepreneurs actifs dans les technologies innovantes.
Transformer le potentiel d’innovation en réussite économique
Un constat partagé s’est imposé : malgré un fort potentiel scientifique et technologique, l’Europe peine encore à transformer l’innovation en leadership économique. Les discussions ont mis en évidence la nécessité de mieux accompagner les entreprises vers le marché, de leur offrir un cadre réglementaire plus favorable et de renforcer les conditions de croissance des acteurs innovants. Dans cette perspective, la propriété intellectuelle a été présentée comme un outil stratégique, permettant à la fois de sécuriser les innovations, de faciliter les investissements et de renforcer la compétitivité des entreprises.
Soutenir l’innovation et lever les obstacles structurels
Les échanges ont ensuite porté sur les principaux freins à l’innovation dans la région. La fragmentation du marché, la complexité des réglementations nationales, le déficit de capital-risque ainsi que les difficultés d’accès aux marchés publics ont été régulièrement évoqués.
Les participants ont également souligné les obstacles rencontrés par de nombreuses start-ups lors des phases de croissance, notamment en matière de financement et de passage à l’échelle. Le manque de valorisation des résultats de la recherche et la difficulté à assurer leur transfert vers le marché ont également été identifiés comme des enjeux majeurs.
Comment mieux soutenir les start-ups ?
Les débats ont mis en lumière le rôle central des start-ups dans la transformation économique du Benelux. Les écosystèmes nationaux ont été décrits comme complémentaires : les Pays-Bas se distinguent dans la deeptech, la Belgique dans la santé et l’intelligence artificielle, tandis que le Luxembourg occupe une position forte dans la finance, le spatial et l’IA.
Les participants ont estimé qu’une meilleure interconnexion de ces écosystèmes permettrait de renforcer la masse critique de la région et d’améliorer sa compétitivité à l’échelle internationale.
Le financement a occupé une place centrale dans les échanges. Les intervenants ont appelé à une intégration plus poussée des marchés financiers européens et à une mobilisation accrue du capital privé, encore insuffisamment orienté vers l’innovation par rapport à d’autres régions du monde. Le rôle des pouvoirs publics a été défini comme un rôle de facilitation, notamment à travers le soutien aux fonds d’investissement et les mécanismes de cofinancement avec le secteur privé.
L’attraction des talents et la création d’environnements d’expérimentation ont également été jugées essentielles pour permettre aux start-ups de tester et développer plus rapidement leurs innovations.
Propriété intellectuelle : un levier stratégique encore sous-exploité
La propriété intellectuelle a occupé une place centrale dans les discussions. Trop souvent perçue comme un domaine technique ou réservé aux spécialistes, elle a été décrite comme un levier essentiel de l’innovation, de la compétitivité et de la souveraineté économique.
Un intervenant entrepreneur a illustré concrètement l’impact de la propriété intellectuelle sur le développement de son entreprise. Selon son expérience, la protection des idées permet non seulement de sécuriser les innovations, mais aussi de renforcer la crédibilité d’un projet, de faciliter l’accès au financement et de structurer des partenariats transfrontaliers. La propriété intellectuelle apparaît ainsi comme un véritable facteur de confiance et de coopération.
Les débats ont également porté sur le fonctionnement du système des brevets. Plusieurs intervenants ont appelé à une plus grande transparence des registres, à une meilleure protection des PME face à l’accumulation de brevets par les grandes entreprises et à une réflexion sur l’équilibre global du système. Certaines pistes ont été évoquées, allant d’une adaptation des mécanismes de licences à une meilleure prise en compte des spécificités sectorielles.
Vers un renforcement de la compétitivité
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité de faire de la propriété intellectuelle un véritable outil de politique économique au service de l’innovation. Ils ont souligné l’importance de trouver un équilibre entre protection des inventions, diffusion des connaissances et soutien aux entreprises innovantes, en particulier les PME.
Les membres de l’Assemblée ont ensuite mené un échange sur les bonnes pratiques en matière d'entrepreneuriat innovant et de propriété intellectuelle. Une des idées centrales est que l’innovation ne se dégage pas uniquement de l’apport de bonnes idées, mais de la mise en place d’écosystèmes spécifiques qui permettent l’innovation et l’incubation de projets.
La session se poursuivra par une visite du Technoport à Foetz, illustrant la volonté de relier les débats politiques aux réalités de terrain et aux écosystèmes d’innovation.