Que faire si un jour un courant autoritaire prenait le pouvoir au Grand-Duché ?

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Publié le 18.05.2026 à 17h45 Mis à jour le 18.05.2026 à 18h58

C'est la question centrale du « Stress test des institutions démocratiques du Luxembourg », dont la première partie a été présentée ce lundi 18 mai 2026, à l'occasion du Sommet des Présidents des Parlements germanophones au Luxembourg.

La première partie du « Stress test » a été présentée aux Présidents des Parlements germanophones réunis au Luxembourg.

Le Luxembourg est solidement ancré dans un réseau d'engagements internationaux : membre fondateur du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne, il bénéficie de mécanismes de protection supranationaux dont la robustesse est généralement tenue pour acquise. Mais que se passerait-il si un gouvernement décidait de s'en affranchir ? Le droit international constituerait-il alors une garantie réelle contre les dérives autoritaires, ou se heurte-t-il à des limites qui en réduisent l’effectivité concrète ? 

 

Face à ses homologues des Parlements germanophones, le Président de la Chambre des Députés, Claude Wiseler a présenté la première thématique du « Stress test des institutions démocratiques », qui aborde cette question à travers trois notes de recherches. 

Le droit international, une garantie contre les dérives autoritaires ? : « oui, mais ! » 

Devant ses homologues, le Président de la Chambre des Députés Claude Wiseler a présenté les conclusions de trois notes de recherche consacrées à cette question. Les conclusions sont convergentes : « Nous avons dans le droit international un outil de garantie contre les dérives autoritaires — mais il doit être utilisé de manière juste par tous les acteurs concernés. »

Les garanties existent, mais leur efficacité dépend de deux conditions : la volonté des acteurs de les mobiliser, et leur capacité à agir à temps — avant qu'un régime autoritaire ne parvienne à les neutraliser.

Le Président de la Chambre des Députés, Claude Wiseler, face aux Présidents des Parlements germanophones

La suite du Stress test : l’équilibre des pouvoirs 

La deuxième partie du Stress test, attendue d’ici fin de l’année, portera sur la solidité de l’équilibre institutionnel garanti par la Constitution. Dans ce sujet, le Président de la Chambre des Députés a expliqué à ses homologues que l’objectif sera d’analyser la séparation et l’équilibre des pouvoirs en cas de dérive autoritaire, la protection de l’opposition parlementaire, le cadre juridique régissant l’élection des députés ou encore le risque d’une mauvaise utilisation des règles internes du Parlement. C'est à partir de cette deuxième thématique que les six Présidents germanophones ont échangé sur les défis auxquels leurs parlements respectifs font face aujourd'hui.

 

Un signal commun : la démocratie n'est plus une évidence

Au-delà des questions techniques, les Présidents ont abordé la question de la confiance envers la démocratie. Le constat est largement partagé : la démocratie ne peut plus être tenue pour acquise. Une résilience sociétale est désormais nécessaire pour la défendre activement.

 

Le Sommet des Présidents des Parlements germanophones 

 

Depuis 2016, les Présidents des Parlements germanophones se réunissent chaque année, à tour de rôle dans un pays différent, afin d'échanger sur des thématiques et défis communs. 

 

Cette année, c'est le Président de la Chambre des Députés, Claude Wiseler, qui accueille ses homologues au Luxembourg. Les Présidents des cinq Parlements germanophones suivants sont présents :

  • Julia Klöckner, Présidente du Bundestag allemand,
  • Manfred Kaufmann, Président du Landtag du Liechtenstein,
  • Walter Rosenkranz, Président du Conseil national autrichien,
  • Patricia Creutz-Vilvoye, Présidente du Parlement de la Communauté germanophone de Belgique,
  • Katja Christ, Vice-Présidente du Conseil national suisse.

 

Le programme se poursuit demain avec entre autres un échange sur la situation politique actuelle dans leurs pays respectifs ainsi qu'une audience auprès du Grand-Duc.