« La menace ne vise pas que les enfants vulnérables, elle concerne tous les enfants »
Les députés membres du groupe de contrôle parlementaire conjoint d’Europol (GCPC) se sont retrouvés les 4 et 5 février 2026 pour la 18e réunion à Nicosie (Chypre).
Lors de sa dernière intervention devant le GCPC responsable du contrôle des activités d’Europol, la directrice exécutive d’Europol, Mme Catherine de Bolle, qui sera succédé d’ici la prochaine réunion, a mis en garde contre les menaces émanant de l’émergence de réseaux cybercriminels extrémistes tels que le groupe « 764 » et ses ramifications.
Ces groupes représentent une menace croissante pour la sécurité des mineurs en Europe. Le réseau 764 s'est fragmenté en de multiples entités, une évolution qui, selon Mme de Bolle, complexifie considérablement le travail des services répressifs. Cette dispersion pose des défis majeurs en matière de coordination transfrontalière et d'échange d'informations entre États membres.
La directrice exécutive d’Europol a présenté les dernières données de l’agence, mettant en lumière l’augmentation des activités criminelles des passeurs et des trafiquants d’êtres humains et la nouvelle responsabilité de son agence de renforcer la lutte contre le trafic des migrants.
Dans ce contexte, les membres du GCPC[1] ont passé en revue les dispositions du nouveau règlement[2] de l’Union, adopté en décembre 2025 et qui étend les missions de l’Agence à la prévention et la lutte contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains. Pour répondre à cette extension de mandat, il est prévu de créer au sein d’Europol un Centre européen de lutte contre le trafic de migrants (ECAMS en anglais) venant soutenir les États membres dans leurs missions. M. Philippe Lecouffe, directeur exécutif adjoint chargé des opérations d’Europol, a expliqué que ce centre va être mis en place grâce aux moyens supplémentaires alloués à Europol. En effet, les moyens supplémentaires prévoient un staff de 50 personnes une enveloppe budgétaire de 50 millions d’euros. Le centre devrait être opérationnel à partir du deuxième trimestre 2026.
M. Lecouffe a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre pleinement le nouveau règlement, de rendre opérationnel le centre contre le trafic des migrants, de continuer à mettre à disposition des États membres un soutien opérationnel et analytique ciblé et de favoriser la collaboration avec les acteurs concernés.
Les membres du GCPC ont également discuté de l’extension du mandat d’Europol. La stratégie européenne de sécurité intérieure, présentée par la Commission le 1er avril 2025, prévoit en effet de faire d'Europol une agence de police véritablement opérationnelle et de doubler ses effectifs ; de renforcer le mandat et la surveillance d'Europol ; de renforcer le soutien apporté par Europol aux États membres ; et de renforcer la coopération entre Europol et les autres agences chargées de la justice et des affaires intérieures. La programmation budgétaire 2028-2034 prévoit de porter les moyens de l’agence à 3 milliards d’euros, un doublement qui traduit autant la confiance politique que l’élargissement de ses missions.
Un autre sujet à l'ordre du jour portait sur la lutte contre la criminalité financière et économique, et plus particulièrement sur la coopération d'Europol avec le Parquet européen (EPPO) et l'Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (ALBC). M. Olivier ONIDI, directeur général adjoint à la DG HOME de la Commission européenne, a rappelé que l'EPPO ne disposait pas de capacité d'analyse propre et considère donc Europol comme un partenaire stratégique. M. Onidi a également mis en avant la coopération entre Europol et l'ALBC, notamment du fait que chaque enquête menée par Europol doit désormais comporter un volet financier.
Mme Nancy Arendt (CSV) a représenté la Chambre des Députés lors de la 18e réunion du GCPC.
[1] L'article 88, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) dispose que « les modalités de contrôle des activités d'Europol par le Parlement européen, associé aux parlements nationaux » sont fixées par règlement.
L'article 51 du règlement Europol institue le GCPC, composé de représentants du Parlement européen et des parlements nationaux, chargé d'assurer le suivi politique des activités d'Europol. Cet article définit également les missions et les pouvoirs du GCPC. Ce dernier peut demander au président du conseil d'administration, au directeur exécutif ou à leurs adjoints de comparaître devant lui, tandis que le CEPD doit comparaître devant le GCPC à sa demande et au moins une fois par an. Le GCPC dispose également du droit d'être consulté sur la programmation pluriannuelle d'Europol et du droit de demander tout document à Europol. Il peut formuler des conclusions sur le contrôle politique d'Europol. Le conseil d'administration peut inviter un représentant du GCPC à ses réunions en qualité d'observateur.
[2] RÈGLEMENT (UE) 2025/2611 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 16 décembre 2025 modifiant le règlement (UE) 2016/794 en ce qui concerne le renforcement du soutien apporté par Europol et l’amélioration de la coopération policière pour prévenir le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes