Quelle stratégie pour la transition thermique ?

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Publié le 25.06.2026 à 15h13 Mis à jour le 25.06.2026 à 15h13

Le raccord à des réseaux thermiques, qui remplace les installations individuelles de chauffage et de refroidissement dans les bâtiments par des tubes souterrains, présente des avantages en matière d’émissions et de coûts pour les utilisateurs. Deux directives européennes sur l’efficience énergétique et les énergies renouvelables (EED et RED) encouragent le développement de ce type de solution.

Le Ministre de l’Économie et de l'Énergie Lex Delles a présenté aux députés les contours d’une stratégie luxembourgeoise. Un domaine complexe, qui nécessite l’implication de nombreux acteurs. 

Les réseaux thermiques permettent de mutualiser le chauffage et le refroidissement des bâtiments.

La transition thermique est un élément clé de la transition énergétique. C’est ce qu’a affirmé Lex Delles devant les députés de la Commission de l’Économie et de l’Énergie lors de la réunion de ce jeudi 25 juin. De nombreux acteurs doivent participer pour réussir une planification cohérente : les ministères, les particuliers, les communes, l’industrie ainsi que les structures qui seront plus tard impliquées dans la gestion des réseaux. 

 

Sensibiliser les communes 

 

Techniquement, le cadre européen impose des obligations de planification thermique aux grandes villes, avec un seuil qui inclurait la Ville de Luxembourg. Celles-ci doivent réaliser une planification locale du chauffage et du refroidissement afin d'identifier où des réseaux thermiques (chauffage urbain ou réseaux de froid) sont pertinents et économiquement viables. Mais même cela ne constitue pas une obligation formelle de mettre en place un réseau thermique, bien que le cadre pousse dans cette direction. 

 

Le Ministre souhaite cependant impliquer les communes plus largement et a affirmé, en réponse aux questions des députés, que des discussions étaient en cours avec plusieurs agglomérations. Des ateliers, des contacts bilatéraux et la création d'un comité d'échange avec les communes feraient partie de cette démarche, a-t-il affirmé lors de l’échange avec les députés.

 

Les réseaux thermiques ne sont pas adaptés partout

 

Lex Delles a expliqué que des réseaux thermiques ne seraient pas pertinents partout, car il faut une certaine densité pour les justifier. Un autre concept abordé lors de la réunion est celui de la « chaleur fatale ». Il consiste à récupérer l’excès de chaleur produit par certaines installations, par exemple un data center, afin d’alimenter le réseau et donc permettre une optimisation énergétique. La géothermie a également été évoquée, un des objectifs est d’analyser la température du sous-sol au Luxembourg et de prendre ces données en compte pour la mise en place des réseaux potentiels.

 

De manière générale, le Ministre a affirmé qu’il était utile de donner aux communes les outils nécessaires afin que, lorsqu’un nouveau quartier est prévu, elles puissent évaluer en amont l’opportunité de mettre en place un réseau thermique. Cela ne fonctionnera que si les communes sont sensibilisées, a encore souligné le Ministre.  

 

Plusieurs possibilités restent ouvertes pour l’implémentation finale

 

Côté calendrier, les équipes du Ministre ont affirmé qu’une étude sur le potentiel de l’énergie thermique fatale devra être conclue à l’automne, ce qui devrait contribuer à alimenter une évaluation nationale pour la planification thermique. 

 

La discussion avec les députés a largement porté sur le rôle des communes et les moyens de les impliquer dans la stratégie. Les échanges ont également porté sur la gestion des réseaux envisagés, notamment sur quels acteurs prendront en charge les coûts d’installation ou le rôle d’exploitants. Plusieurs pistes ont été évoquées par le Ministre en réponse aux questions des députés, confirmant que la réflexion est encore en cours. Un autre point évoqué à plusieurs reprises est celui de l’adhésion des utilisateurs finaux, qui bénéficieront d’un « droit à la déconnexion » des réseaux thermiques, prévu par le cadre européen. En effet, si l‘adoption n’est pas suffisamment large auprès des particuliers, les réseaux perdront en rentabilité.