Comment doubler les effectifs de l'armée d'ici 2035 ?

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Publié le 24.06.2026 à 20h20 Mis à jour le 24.06.2026 à 20h20

Le défi de recrutement pour l’Armée luxembourgeoise et l’attractivité du statut du soldat volontaire étaient au cœur des discussions au sein de la Commission de la Défense ce mercredi 24 juin 2026. 

Une modernisation basée sur une analyse de l’attractivité du statut du soldat volontaire ainsi que des parcours professionnels réels dans l’Armée, ce sont des éléments demandés par une motion (voir ci-bas) de la députée Sam Tanson (déi gréng) qui était à la base des discussions en commission parlementaire sur les défis du recrutement et des carrières à l’Armée. 

 

Une analyse qui a été réalisée, selon la Ministre de la Défense Yuriko Backes, en amont de la présentation d’un paquet de mesures en janvier dernier. Si un certain nombre d’adaptations ont été d’ores et déjà réalisé par deux projets de loi adoptés en mars dernier (voir ci-bas), « le modèle actuel ne nous permettra pas de remplir nos objectifs » a affirmé Yuriko Backes devant les députés. Afin de remplir l’objectif de défense en termes de personnel, l’Armée devrait doubler son effectif sur les 10 prochaines années, selon les chiffres avancés par le chef d’état-major, le général Steve Thull, également présent en commission parlementaire. Les chiffres de recrutement évoluent dans le bon sens, selon les explications données en commission parlementaire. 

 

La hausse devrait permettre, selon ces estimations, à réaliser une montée en puissance des effectifs prévue pour les années 2028 à 2030 pour le bataillon binational. Un des défis consistent à non seulement recruter de nouveaux soldats, mais de garantir également leur encadrement ainsi que les capacités nécessaires pour former ces futurs cadres dans les écoles à l’étranger (Belgique, France), dans des pays qui doivent également augmenter leur effort de défense.

Un nouveau diplôme pour la reconversion à la rentrée

Différentes réflexions et réformes sont en cours, a expliqué Yuriko Backes : faudra-t-il adapter le régime des langues et de la nationalité ? La Ministre compte proposer un texte de loi l’année prochaine. Une approche qui devrait garder le rôle central de la langue luxembourgeoise, selon la Ministre.

 

La question du développement des carrières des soldats volontaires – voire leur reconversion – était également au centre de l’échange. Dans ce contexte, Yuriko Backes a annoncé un nouveau diplôme (DAP) qui devrait voir le jour à la rentrée 2026. Un cursus réservé à une dizaine de soldats au lycée de l’armée à Ettelbruck qui devrait leur permettre d’atteindre un niveau de carrière C1 (dans le secteur public). 

 

Selon les chiffres avancés en commission parlementaire en réponse à des questions des députés, un quart des soldats volontaires fait sa reconversion en changeant de fonction à l’armée. Quelque 40 % rejoignent le secteur public, 10 % le secteur privé. Pour un tiers, l’Armée ne connait pas la suite du parcours professionnel, par exemple pour les soldats qui se forment à un nouveau métier.

Le Luxembourg a-t-il besoin de réservistes ? 

La question des réservistes a été abordée, l’Armée luxembourgeoise étant la seule en Europe à ne pas disposer de réserve. Si des réflexions sont en cours sur ce sujet, la Ministre de la Défense ne prévoit pas de concrétisation avant la fin de la législature. Yuriko Backes a rappelé qu’une telle mesure n’est pas prévue par l’accord de coalition et souhaite prioritairement se concentrer sur les réformes entamées pour rendre l’armée plus attractive et pour remplir les objectifs en termes d’effort de défense. Ces volets présentent un défi déjà très important, selon les explications données aux députés.

 

Les discussions devraient se poursuivre en séance publique quand la motion sera à l’ordre du jour.