Comment réagir aux résultats préoccupants de l’étude PISA 2025 ?

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Publié le 15.09.2026 à 18h37 Mis à jour le 15.09.2026 à 18h45

Les députés de la Commission de l’Éducation ont échangé avec le Ministre de l’Éducation Claude Meisch au sujet de l’étude PISA 2025 publiée le 8 septembre 2026 par l’OCDE. Cette étude a montré un recul des performances des élèves dans plusieurs domaines analysés, notamment en sciences, en mathématiques et en lecture.

La réunion de commission a commencé par une présentation des résultats propres au Luxembourg qui ressortent de l’étude PISA.

 

La présentation a dressé un constat plutôt préoccupant pour le Luxembourg. Les résultats PISA 2025 sont inférieurs à la moyenne de l’OCDE en sciences (474 contre 482), en mathématiques (458 contre 463) et surtout en compréhension de l’écrit (443 contre 461). Les inégalités socio-économiques sont particulièrement marquées : entre les 25 % d’élèves les plus favorisés et les 25 % les plus défavorisés, l’écart atteint 130 points en sciences contre 85 dans l’OCDE, 114 points en mathématiques contre 77 et 108 points en compréhension de l’écrit contre 83. 

 

Par ailleurs, 27,3 % des élèves présentent au moins un an de retard scolaire, contre 10,9 % dans l’OCDE, et 38 % n’atteignent pas le niveau de base en compréhension de l’écrit. En revanche, les écarts liés au statut migratoire se sont nettement réduits au Luxembourg et sont désormais inférieurs à la moyenne de l’OCDE. 

 

L’étude met également en évidence l’influence des outils numériques, notamment les distractions liées aux smartphones en classe. Ces résultats soulignent donc plusieurs défis pour le système éducatif luxembourgeois, en particulier dans les apprentissages fondamentaux. En ce qui concerne l’intelligence artificielle, 47 % des élèves au Luxembourg disent se servir régulièrement de l’IA pour apprendre. 

 

L’impact des inégalités sociales interpelle largement les députés

 

Plusieurs députés de l’opposition se sont dits interpellés par les chiffres sur l’impact des inégalités sociales sur les résultats de l’étude, qui montrent que cet impact serait jusqu’à deux fois plus important au Luxembourg qu’en Estonie. Le Ministre a affirmé dans ce contexte que l’école ne pouvait pas être une solution pour toutes les inégalités, et a mis en avant les mesures prévues par le gouvernement, notamment pour soutenir les foyers défavorisés.

 

Les députés ont demandé si les résultats de PISA ne justifiaient pas un renforcement des moyens humains dans les écoles, notamment au regard des besoins en matière d’inclusion et de détection précoce des difficultés. Le Ministre a affirmé qu’une augmentation générale du contingent ne constituait pas nécessairement la meilleure réponse aux défis rencontrés. Il a rappelé que le Luxembourg disposait déjà d’un système scolaire parmi les plus coûteux et que l’augmentation des ressources ne produisait pas automatiquement de meilleurs résultats. Il a notamment estimé que la réduction systématique de la taille des classes ne garantissait pas, à elle seule, une amélioration des apprentissages.

 

Il a néanmoins indiqué que des moyens supplémentaires importants étaient prévus. Quelque 270 postes supplémentaires sont notamment prévus en 2026 pour l’inclusion. Il faudra également tenir compte des besoins liés à l’organisation du projet ALPHA et à la future voie de préparation. 

 

Le gouvernement confirme le renforcement de l’interdiction du smartphone à l’école 

 

Les déficits en matière de compréhension de l’écrit ont également été abordés à plusieurs reprises. Claude Meisch a affirmé qu’il n’était pas aisé d’amener les élèves à la lecture dans un monde où l’information peut largement être consommée dans des formats audio ou vidéo.  Le Ministre a affirmé qu’une simple « stratégie lecture » ne suffira pas face à ces changements sociétaux fondamentaux. Dans ce contexte, le projet ALPHA, qui prévoit de laisser les parents choisir dans quelle langue - l'allemand ou le français - leur enfant apprend à lire, à écrire et à calculer, ne pourra avoir qu’un impact positif sur l’apprentissage, a affirmé Claude Meisch.  

 

L’échange a également porté sur la méthode du gouvernement en ce qui concerne le renforcement prévu de l’interdiction du téléphone portable à l’école. Une députée a notamment affirmé que la méthode qui a consisté dans un premier temps à laisser aux établissements une certaine liberté pour choisir leur modèle, pour passer ensuite à une position plus ferme d’interdiction, était discutable. 

 

Claude Meisch a affirmé dans ce contexte qu’il s’agissant d’un domaine complexe et qu’il est aisé de mettre en doute la méthode en rétrospective. Il a poursuivi en affirmant encore une fois sa conviction selon laquelle les smartphones et les médias sociaux ont des impacts très importants, et a dit avoir rencontré beaucoup de responsables d’établissements qui se sont dits satisfaits de la décision de l’interdiction des smartphones. Le Ministre a affirmé que la décision était prise, et que les modalités concrètes allaient maintenant être élaborées. 

 

Un député de la majorité a affirmé dans ce contexte que l’école ne pouvait pas tout faire, et que les parents devaient être sensibilisés dans la mesure où le recours des enfants aux smartphones pendant leur temps libre lui semble excessif. 

 

La discussion a porté plus largement sur les réformes de l’enseignement mises en place depuis plusieurs années, sur le fait que les réformes successives peuvent avoir eu un effet de déstabilisation, ou encore sur les limites de l’étude PISA à mesurer l’impact de toutes ces réformes, d’autant que certaines  d’entre elles concernent des tranches d’âge qui ne peuvent pas encore être prises en compte dans cette édition de l’étude.      

 

Certains députés ont affirmé que la méthodologie de l’étude PISA était critiquable, voire inadaptée au Luxembourg, notamment en raison de la situation linguistique particulière du pays. Le Ministre a affirmé partager certaines de ces réflexions, mais a affirmé que cela ne pouvait pas constituer une raison pour ne pas prendre les résultats de l’étude au sérieux. Le Luxembourg participera à la prochaine étude qui est prévue pour 2029, ce que plusieurs députés ont salué. 

 

L’intégralité de l’échange sera prochainement disponible en rediffusion :