Compétitivité, sécurité et démocratie au cœur des échanges des présidents des commissions des Affaires européennes à Dublin

Artikel
Publié le 16.07.2026 à 09h20 Mis à jour le 16.07.2026 à 09h20

La réunion des présidents de la COSAC s'est tenue à Dublin les 12 et 13 juillet 2026. Cette conférence, qui réunit les présidents des commissions des affaires européennes des parlements nationaux de l'Union européenne ainsi que du Parlement européen, a permis d'aborder les grands défis auxquels l'Europe est confrontée, de la compétitivité économique à la sécurité, en passant par la protection de la démocratie face aux nouvelles technologies.

Les Présidents des commissions des affaires européennes des parlements européens rassemblés à Dublin. Le député luxembourgeois a dû annuler sa participation et a été représenté par une collaboratrice de la Chambre des Députés. ©Houses of the Oireachtas

L'Europe devait apprendre à faire face à un monde toujours plus instable. Tel fut le message qui ressortit de la réunion des présidents de la COSAC — la Conférence des organes spécialisés dans les affaires de l'Union européenne, qui rassemble les présidents des commissions parlementaires chargées des questions européennes des États membres ainsi que du Parlement européen — organisée à Dublin sous Présidence irlandaise.

 

Après les discours d'ouverture de la Ceann Comhairle du Dáil Éireann (la présidente de la chambre basse du parlement irlandais,) Verona Murphy, et du président de la commission des Affaires européennes, Barry Ward, les travaux se sont articulés autour de deux grandes sessions consacrées aux priorités de la Présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne et au renforcement de la coopération parlementaire. 

Une Présidence placée sous le signe de l'unité

Dans son intervention inaugurale, le Taoiseach (Premier ministre) Micheál Martin a défendu une Présidence guidée par le principe irlandais Ní neart go cur le chéile (« La force dans l'unité »), estimant que l'Europe devait répondre aux crises actuelles par davantage de cohésion. 

 

Le chef du gouvernement irlandais a souligné le rôle essentiel des parlements nationaux dans un contexte international marqué par une complexité croissante et une remise en question des règles établies. Il a insisté sur la nécessité de définir des priorités claires, en rappelant que la compétitivité constitue une condition indispensable à la réalisation des objectifs de l'Union européenne. Il a enfin réaffirmé la volonté de travailler en étroite coopération avec les parlements nationaux et la Commission européenne.

L'intelligence artificielle au cœur des préoccupations démocratiques

La deuxième session a été largement consacrée aux conséquences de la révolution numérique sur les démocraties européennes. Le commissaire européen à la Démocratie, à la Justice, à l'État de droit et à la Protection des consommateurs, Michael McGrath, a salué les initiatives nationales mises en œuvre par les parlements. Il a rappelé que le mandat du Centre européen pour la résilience démocratique est défini par les États membres. Il a défendu la mise en œuvre des nouveaux instruments européens, comme la loi sur l'intelligence artificielle. De plus, il s'est félicité des accords politiques conclus dans le cadre de la directive européenne de lutte contre la corruption, soulignant que ce phénomène devait être combattu à tous les niveaux de la société. 

Le commissaire est également revenu sur plusieurs initiatives destinées à protéger les journalistes et les défenseurs des droits humains. Il a évoqué la directive européenne contre les procédures-bâillon (SLAPP), qui vise à empêcher l'utilisation abusive de poursuites judiciaires pour faire taire les voix critiques, notamment des journalistes ou des représentants d'ONG. Il a par ailleurs annoncé un réexamen de la directive sur les services de médias audiovisuels. En outre, Monsieur McGrath a rappelé la publication sur la protection des enfants en ligne. Il a notamment cité les travaux en cours concernant les interfaces numériques dont la conception est jugée addictive (p.ex. TikTok). 

 

Abordant les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le commissaire a plaidé pour un budget européen ambitieux dans ces domaines, évoquant un montant prévu de 1,6 milliard d'euros. Il a toutefois reconnu que les discussions budgétaires s'annonçaient difficiles.

 

Concernant le processus d'élargissement, Michael McGrath a relevé que de nombreux pays candidats poursuivent l'adaptation de leur législation afin de se conformer aux règles européennes, notamment en matière de liberté des médias.

 

De son côté, la professeure Brigid Laffan a insisté sur le rôle irremplaçable des parlements nationaux dans le contrôle démocratique des technologies émergentes. Selon elle, l'encadrement de l'intelligence artificielle ne pouvait être uniquement technique : il devait rester fondé sur les principes démocratiques, la protection des droits fondamentaux et la transparence des décisions publiques. 

Une Présidence tournée vers des résultats concrets

En clôturant les travaux, Barry Ward a appelé les parlements nationaux à poursuivre leur coopération afin de traduire ces priorités en actions concrètes. Il s’est par ailleurs exclamé : 

« L'élargissement doit être perçu comme un investissement dans notre avenir commun, et non comme une faveur consentie à ces pays. »

En effet, le maintien du soutien à l'Ukraine a fait l'objet d'un large consensus lors des discussions. Les échanges ont également mis en évidence le rôle de la COSAC comme espace de dialogue entre les parlements nationaux.

Programme de la Présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne