Lutter contre le racisme : la nouvelle stratégie européenne présentée aux députés

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Publié le 15.06.2026 à 15h47 Mis à jour le 15.06.2026 à 16h26

Lors de la réunion conjointe d’aujourd’hui entre la Sous-Commission des Affaires européennes et la Commission de la Famille, les députés ont accueilli Michaela Moua, Coordinatrice de la lutte contre le racisme de la Commission européenne.

Présentation de la stratégie de lutte contre le racisme 2026-2030 de l’Union européenne
Présentation de la stratégie de lutte contre le racisme 2026-2030 de l’Union européenne

La réalité particulière du Luxembourg

Consciente de la réalité particulière du Grand-Duché, où près de la moitié de la population ne possède pas la nationalité luxembourgeoise, Michaela Moua a salué l’engagement précoce du pays à travers l’adoption d’un Plan d’action national Antiracisme. Elle a néanmoins rappelé que la mise en place de mesures tangibles incombe principalement aux États membres.

Le Luxembourg et l’Union européenne face aux défis de l’inclusion

En tant que première Coordinatrice de la lutte contre le racisme, Michaela Moua a saisi l’occasion de présenter les grandes orientations de la stratégie de lutte contre le racisme 2026-2030 de l’Union européenne. À travers plusieurs données marquantes, elle a souligné l’urgence d’une action coordonnée à l’échelle européenne :

  • en 2023, deux Européens sur trois estimaient que la discrimination raciale était très répandue ;
  • pour les communautés roms, l'espérance de vie demeure inférieure de huit ans à la moyenne ;
  • près de la moitié des personnes d'origine africaine en Europe se retrouvent surqualifiées pour leur emploi ;
  • les ménages musulmans sont trois fois plus exposés aux privations matérielles graves ;
  • 90 % des personnes juives déclarent avoir été confrontées à l'antisémitisme au cours de l'année écoulée ;
  • selon l'OCDE, la discrimination raciale entraîne une perte de PIB pouvant atteindre jusqu’à 12,7 milliards d'euros par an pour l'UE.

Construire une Europe sans discrimination

L'un des messages principaux de la présentation réside dans le fait que la lutte contre le racisme ne constitue non seulement une obligation morale et juridique, mais aussi un impératif économique. La coordinatrice européenne a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux formes structurelles du racisme à travers une approche consolidée. Selon elle, seule l’intégration systématique d’une perspective antiraciste dans l'ensemble des institutions et des processus – de l'éducation, au logement, en passant par les soins de santé – permettra d’éviter l'instrumentalisation de cette problématique.

La session s'est conclue par un échange de vues avec les députés, qui ont interrogé la Coordinatrique sur les politiques de l'UE, les bonnes pratiques, ainsi que les défis et les marges d'amélioration existants. Les discussions ont mis en évidence l’indispensabilité d’aborder ouvertement des questions parfois sensibles afin de continuer à progresser vers une société plus inclusive.