SCEG à Bruxelles : compétitivité européenne, marché unique et soutien indéfectible à l’Ukraine

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Publié le 26.02.2026 à 12h01 Mis à jour le 26.02.2026 à 12h13

Les 23 et 24 février 2026, les députés Sven Clement (Piraten) et Tom Weidig (ADR) ont participé à la 15ième Conférence interparlementaire sur la stabilité, la coordination économique et la gouvernance au sein de l’Union européenne (SCEG), organisée au Parlement européen à Bruxelles. Elle s’est tenue dans un contexte hautement symbolique : le quatrième anniversaire du début de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.

SCEG 2026 - photo de famille
SCEG 2026 - photo de famille en salle plénière du Parlement européen, copyright EP 2026

Face à la hausse du coût de la vie, aux tensions géopolitiques et aux transformations rapides de l’économie mondiale, les responsables politiques doivent « faire correspondre les paroles aux actes » c’est ainsi que la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola a ouvert la conférence qui a réuni plus de 120 parlementaires de 27 Etats membres, sous la présidence chypriote de l’UE.

L’ère des demi-mesures est terminée : l’Europe ne peut plus se permettre de dériver. 

Roberta Metsola

Compétitivité et dimension sociale : deux visions complémentaires

 

La première journée, organisée en commissions, a porté sur les fondements économiques et sociaux de la compétitivité européenne.

 

En commission de l’Emploi et des affaires sociales, Sven Clement a contesté l’idée d’une opposition entre protection sociale et performance économique. Selon lui, l’investissement social constitue un moteur de productivité. S’appuyant sur l’expérience du Luxembourg comme économie ouverte, il a souligné que la compétitivité européenne repose sur une main-d’œuvre qualifiée, attirée et retenue grâce à une qualité de vie élevée, des services publics efficaces et une protection sociale solide. Il a plaidé pour que le tableau de bord social du Semestre européen bénéficie d’un poids politique équivalent à celui des objectifs budgétaires.

 

En commission des Affaires économiques et monétaires, Tom Weidig s’est concentré sur la compétitivité et l’indépendance technologique. Il a estimé que l’Union européenne devait avant tout garantir un cadre économique fonctionnel permettant aux entreprises et aux citoyens de développer leurs propres solutions. Il a soutenu les initiatives de simplification réglementaire, notamment le paquet « Omnibus », considérant qu’une réduction ciblée des charges administratives peut renforcer la flexibilité et la capacité d’innovation des entreprises européennes.

 

Les échanges ont porté sur différents thèmes : comment accompagner la transition numérique et écologique, renforcer les compétences face à l’essor de l’intelligence artificielle, approfondir le marché unique, consolider l’union des marchés de capitaux et l’union bancaire, et sécuriser l’accès à l’énergie et aux matières premières stratégiques.

 

Vers un « One Market Act » : relancer le marché unique

 

La séance plénière du deuxième jour a été consacrée à la construction d’une « Europe favorable aux entreprises » dans la perspective du prochain cadre financier pluriannual.

 

Invité principal, Enrico Letta, ancien Président du Conseil des ministres italien et auteur du rapport Much more than a market, a mis en lumière le « coût de la fragmentation » dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les marchés financiers ou encore la connectivité. Face à la montée en puissance des États-Unis et de la Chine, il a estimé qu’il est illusoire de prétendre rivaliser efficacement avec 27 marchés encore largement cloisonnés.

Pour répondre à ce défi, il a proposé le lancement d’un « One Market Act » visant à approfondir l’intégration du marché unique d’ici 2028. Plusieurs leviers structurants ont été avancés : l’instauration d’une « cinquième liberté » dédiée à la recherche, à l’innovation, à la connaissance et à l’éducation ; la reconnaissance d’une véritable « liberté de rester », afin de lutter contre la fuite des cerveaux et de renforcer la cohésion territoriale ; ainsi que la mise en place d’un 28e régime juridique destiné à simplifier la vie des entreprises innovantes.

 

Ces orientations devront être étroitement articulées avec le prochain cadre financier pluriannuel et la politique de cohésion, afin d’assurer un financement cohérent et équilibré des priorités fixées.

 

Les échanges avec les parlementaires ont notamment porté sur les modalités de financement de ces réformes, sur l’équilibre à trouver entre compétitivité et solidarité territoriale, ainsi que sur la nécessité d’une approche réellement coordonnée à l’échelle européenne.

 

Une session plénière extraordinaire : quatre ans de guerre en Ukraine

 

Le 24 février, une session plénière extraordinaire a marqué le quatrième anniversaire du début de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Dans son intervention, Roberta Metsola a réaffirmé que le Parlement européen n’avait « pas laissé tomber l’Ukraine » et que « lorsque nous restons unis, l’Ukraine et l’Europe sont plus fortes ».

SCEG 2026 - photo de Volodymyr Zelensky, copyright EP 2026

Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux députés par visioconférence depuis Kyiv. Il a remercié l’Union pour son soutien politique, militaire et financier, appelant au maintien des sanctions contre la Russie et à des garanties de sécurité crédibles.

 

À l’issue du débat, une résolution a été adoptée à une large majorité, condamnant la guerre d’agression menée par la Russie et réaffirmant que l’avenir de l’Ukraine se situe au sein de l’Union européenne.

 

Une Europe face à un moment charnière

 

Au terme de ces deux journées, un constat s’impose : l’Union européenne fait face à un moment décisif.

 

Renforcer sa compétitivité, achever son marché unique, investir dans les compétences et la cohésion sociale, tout en maintenant un soutien ferme à l’Ukraine : autant de priorités qui exigent coordination, détermination et vision stratégique.

 

La conférence s’inscrivait dans le programme de la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne, placée sous le signe de l’autonomie stratégique, de la simplification réglementaire et d’une Union « autonome et ouverte sur le monde ». Un cap clair dans un environnement international de plus en plus exigeant.