L’évolution budgétaire au 31 décembre 2025

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Publié le 03.02.2026 à 16h33 Mis à jour le 03.02.2026 à 16h33

Le solde au 31 décembre 2025 est négatif, avec un déficit de 1,04 milliard d’euros. Le Ministre des Finances Gilles Roth a expliqué ce chiffre par les nombreuses mesures prises par le gouvernement pour relancer l’économie et préserver la cohésion sociale. 

Gilles Roth a présenté aux députés des commissions de l’Exécution budgétaire et des Finances l’état budgétaire au 31 décembre 2025. Cette présentation effectuée régulièrement se base sur les chiffres de référence à la même date lors de l’exercice budgétaire précédent afin de permettre de comparer l’évolution du budget.

Globalement, les recettes de l’Administration centrale ont progressé de 2,5 %, mais les dépenses ont augmenté plus rapidement et ont progressé de 7,4 % entre 2024 et 2025. Ainsi, alors que le solde était de 317 millions au 31 décembre 2024, il passe à -1,04 milliard au 31 décembre 2025. 

 

Le logement, la défense et les salaires font grimper les dépenses

 

En 2025, plusieurs postes ont fait particulièrement grimper les dépenses de l’État par rapport à l’exercice budgétaire 2024. Cela concerne notamment les mesures pour le renforcement du pouvoir d’achat, les aides énergétiques et climatiques (+95 millions d’euros), les mesures pour le logement abordable (+230 millions d’euros) ou encore les dépenses liées aux obligations de défense du Luxembourg dans le cadre de ses obligations envers l’OTAN (+251 millions d’euros). Le recrutement important de postes à temps plein dans le secteur public aurait également largement contribué à l’augmentation des dépenses (+620 millions d’euros).

 

Côté recettes, on constate certaines hausses importantes, dont des recettes supplémentaires de 260 millions d’euros (+7,8 %) de l’impôt sur les collectivités, et de 322,3 millions d’euros (+26,8 %) sur les droits d’accises sur les tabacs manufacturés. 

 

Les députés ont réitéré leur demande auprès du Ministre des Finances afin d’obtenir des chiffres avec une granularité plus fine, ce que Gilles Roth s’est engagé à fournir.

 

La place financière, toujours centrale dans les recettes 

 

Certains députés se sont félicités de la bonne santé de la place financière au vu de la part importante de recettes que cela représente, notamment en matière d’impôt sur les collectivités (qui représente un total de 3,61 milliards d’euros au 31 décembre 2025) et de taxe d’abonnement (1,36 milliard d’euros). Ils ont souhaité avoir « un état des lieux un peu plus précis » pour s’informer sur les acteurs principaux du secteur financier. L’objectif serait notamment de voir si on peut déjà tirer les premières conclusions de l’entrée en vigueur de la réglementation MiCA (« Markets in Crypto-Assets »). Le Ministre des Finances a affirmé que l’Administration des contributions directes pourrait présenter plus de détails aux députés, tout en affirmant que les acteurs concernés seraient anonymisés. La concentration dans ce secteur serait très importante, ce qui aurait des avantages et des inconvénients, a souligné Gilles Roth.

 

Reprise du logement malgré une progression relative des VEFA

 

La discussion a également porté sur les efforts menés par le gouvernement pour relancer le marché du logement. On constaterait une reprise du marché immobilier, malgré une certaine lenteur en matière de ventes en l’état futur d’achèvement (VEFA). Le Ministre s’est félicité de certains signes de reprise du marché. Cela concernerait une hausse des autorisations de construire, un accroissement du nombre de mutations immobilières depuis juillet 2025 et une augmentation de 21 % des prêts auprès des banques. 

 

Des mesures supplémentaires ponctuelles seraient encore envisageables, a souligné le Ministre. Un député s’est demandé s’il ne serait pas opportun de lancer une « obligation logement » comme cela a été fait avec les « defence bonds » récemment émis au Grand-Duché et qui ont connu un franc succès auprès du public.

 

Le sujet des recettes élevées en matière de tabac et toute la problématique de la différence de prix avec les pays voisins et du tourisme d’achat ont également été abordés pendant la réunion. 

 

Les députés ont également demandé à recevoir un document avec une ventilation plus détaillée en matière de droits de succession, qui ont représenté un revenu de 133,2 millions d’euros en 2025.