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A la Une20 September 2017 «Rendre l’invisible visible»
« Rendre l’invisible visible », c’est l’objectif principal que la coordinatrice européenne de la lutte contre la traite des êtres humains, Myria Vassiliadou , a présenté le mercredi 20 septembre aux membres de la Commission juridique. En 2013-2014, environ 16.000 personnes (dont la plupart sont des femmes et des filles) ont été enregistrées comme victimes de la traite des êtres humains dans l’Union européenne. Il est probable que le nombre réel de victimes soit nettement plus élevé que celui enregistré par les autorités nationales, constate la coordinatrice Vassiliadou. En effet, les organisations internationales estiment ce chiffre à environ 100.000 victimes par an au sein de l’UE et dont la plupart sont de nationalité européenne originaires de Roumanie, de Bulgarie, des Pays-Bas et encore de Pologne. L’Union européenne s’est dotée ces dernières années d’une législation en la matière et la Commission européenne a adopté en 2016 son premier rapport sur les progrès réalisés dans la lutte contre la traite des êtres humains, a rappelé Myria Vassiliadou aux députés. Toutefois, elle constate que le problème ne consiste pas dans un manque de législation mais plutôt dans un manque de mise en œuvre complète et correcte de la législation. La traite des êtres humains : un « business » rentableChiffré à un volume d’environ 30 milliards d’euros, le « business » du trafic des êtres humains est très rentable, déplore la coordinatrice européenne Myria Vassiliadou. Dans ce sens, la Commission européenne s’est donnée comme priorité de « suivre l’argent » et appelle les Etats membres à surveiller très sérieusement les mouvements d’argent qui pourraient sembler illicites. Priorités : prévention et sanctionsRenforcer les mesures de prévention ainsi que sanctionner les exploiteurs ou toutes autres personnes impliquées de manière consciente ou inconsciente dans l’exploitation (sexuelle ou par le travail) devrait être la priorité de tous les Etats membres de l’Union européenne, insiste la coordinatrice européenne Vassiliadou. Dans ce contexte, la Présidente de la Commission juridique Viviane Loschetter (déi gréng) a rappelé que le Grand-Duché fait partie des 14 pays membres ayant mis en œuvre la directive de l’UE concernant la lutte contre la traite des êtres humains et que la commission parlementaire est en train de finaliser un projet de loi (dossier parlementaire 7008) dont le but est de renforcer la lutte contre l'exploitation de la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains à des fins sexuelles. Ce projet de loi prévoit de pénaliser les clients ayant des relations tarifées avec des personnes mineures, particulièrement vulnérables ou victimes d’exploitation. Si le phénomène n’est pas récurrent au Luxembourg, les députés ont jugé important d’attirer l’attention du grand public et de renforcer la collaboration entre les états membres de l’UE mais surtout avec les pays limitrophes. La Chambre suit de près cette problématiqueEn mars dernier, une délégation parlementaire avait reçu la Commission consultative des droits de l’homme qui avait présenté son premier rapport sur la traite des êtres humains au Grand-Duché.
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